Histoire & Patrimoine/Patrimoine/Les parcs

Les parcs

Le parc André Hartmann

Le parc André Hartmann (en face de la gare) a été réalisé sous la magistrature de Frédéric Hartmann, entre 1866 et 1870. À côté du kiosque central (provenant de l’exposition artisanale de 1925), se trouve le rocher en granit portant une effigie en bronze du botaniste munstérien Frédéric Kirschleger (1804-1869).

Le monument Kirschleger
Ce monument, inauguré le 23 mai 1909, rend hommage à Frédéric Kirschleger, éminent botaniste. Il présente un médaillon dû au sculpteur Jean Désiré Ringel d'Illzach (1849-1916).
En 1930, il est à nouveau inauguré et le médaillon, qui a disparu pendant la Première Guerre mondiale, est remplacé par un nouveau portrait, œuvre d'Albert Schultz (1871-1953).

Le monument aux morts
Ce monument a été inauguré en 1930, en souvenir des victimes civiles et militaires de la Première Guerre mondiale. Pendant l’annexion allemande, le monument est transformé en instrument de propagande du III Reich. Les travaux de restauration sont terminés en 1953 et une plaque évoque les victimes de ce second conflit.

En face de l’entrée du parc André Hartmann, à l’Est, avait été érigée, en 1892, une salle de musique et de théâtre entièrement financée par Madame Aimée Hartmann, veuve de Frédéric Hartmann. De prestigieux concerts s’y sont déroulés. Ce bâtiment a été détruit au cours de la Première Guerre mondiale.

Les parcs Albert Schweitzer & de la Fecht

Jusqu’en 1926, les actuels parcs de la Fecht et parc Albert Schweitzer ne formaient qu’un seul ensemble, appartenant à la famille Hartmann. Dénommé « Herrengarten », ce jardin anglais s’étendait jusqu’à la sortie Est (actuel camping) de Munster, il était le lieu de villégiature et de repos des Hartmann.

Arbres remarquables, trésors naturels de la Ville de Munster
Parmi les arbres remarquables aux essences prestigieuses plantés par les Hartmann, nous pouvons citer un hêtre pleureur « cultivar » exceptionnellement imposant et l’un des plus gros connus dans le Haut-Rhin, un très beau platane de 35 mètres de haut et de 5 mètres de circonférence et un magnifique séquoia.

(ph. : S. W.)ZoomParc Schweitzer

(ph. : S. W.)ZoomParc de la Fecht

Outre la maison de Barth, prévôt royal de Munster, achetée en 1795 par André Hartmann (1746-1837), se dressait, avant 1918, un peu au-dessus de l’étang, une des propriétés Hartmann. Elle a été construite vers 1880 sur les plans de Frédéric de Rutté. Cette belle maison a été très endommagée pendant la Première Guerre mondiale et démolie après 1918.
Les Hartmann ont accueilli de nombreux et prestigieux hôtes : Napoléon III a passé la nuit à Munster du 24 au 25 juillet 1858 ; ont également été reçus, le général Foy en septembre 1821, le grand musicien Franz Liszt, en 1845, les peintres Théodore Rousseau en 1867 et Jean-François Millet en 1868.

(Archives municipales)ZoomVilla Hartmann (1885)

Monument de la Paix
Le Monument de la Paix ou Monument Bergmeister au cœur du Parc Schweitzer, est constitué de six lames en bronze entrecroisées, dirigées vers le haut. Elles tendent vers la verticalité et symbolisent la volonté des six pays fondateurs de l'Union européenne de mettre en commun leurs ressources, de permettre la libre circulation des biens et des personnes et de construire une paix durable, après deux guerres mondiales qui ont décimés l'Europe.

Sa réalisation est due à l’artiste Manfred Bergmeister, ferronnier d'art réputé, né en 1927, installé à Ebersberg en Bavière, non loin de Munich. Ses œuvres, originales et puissantes, sont connues et appréciées dans toute l'Allemagne et bien au-delà, en Europe. La porte du cimetière militaire allemand du Baerenstall  (Hohrod) est, entre autres, une de ses réalisations.
 
L'idée de mettre ce monument à Munster revient à Michel Hoeffel, ancien pasteur de Munster, et ami de la vallée.
Il est dédié à la paix et à la réconciliation européenne, dont l'Allemagne et la France sont  les initiateurs, grâce à Charles de Gaulle et Konrad Adenauer, et leurs successeurs.
Ce monument s'inscrit également dans le prolongement de la pensée éthique, dont le principe fondamental est le respect de la Vie d'Albert Schweitzer (1875-1965), homme de Gunsbach et citoyen du monde, prix Nobel de la paix en 1952.
L'année 2015 est la grande année Albert Schweitzer. Il est mort le 4 septembre 1965, il y a 50 ans mais 2015 correspond également au 140ème anniversaire de sa naissance, au 50ème de son décès et au 100ème de l'élaboration du concept de « respect de la vie » qu'il a largement développé dans son oeuvre. Il y a 100 ans également, la vallée de Munster connaissait l'horreur et les destructions liées à la Première Guerre mondiale.
Le monument Bergmeister vient s'ajouter aux célèbres sculptures de Landolin Ohmacht (1760-1834): les griffons et les sphynx, déjà présents dans le parc Albert Schweitzer,  et le Neptune assis au bord de l'étang du parc de la Fecht.
 
Le Monument a été inauguré le 12 septembre 2015.

(ph. : S. W.)ZoomLe monument de la Paix, inauguré le 12 septembre 2015

Griffons et Sphinx
Situés dans le parc Schweitzer, deux griffons et deux sphinx en grès rose se font face à quelques cent mètres. Ces sculptures proviennent de l’ancienne propriété strasbourgeoise de Charles Schulmeister (1770-1853), fidèle espion de Napoléon I et sont dus au talent du sculpteur Landolin Ohmacht (1760-1834).
Après la chute de l’Empire en 1815, Frédéric Hartmann-Metzger, fils aîné d’André Hartmann, a acheté les griffons et sphinx et les a fait mettre à leur emplacement actuel.
(I. M. H. 1990).

(ph. : S. W.)ZoomGriffons

(ph. : S. W.)ZoomSphinx

Neptune
Une statue de Neptune, le dieu de la mer, se trouve installée au bord de l’étang du parc de la Fecht.
Œuvre du sculpteur Landolin Ohmacht, elle provient également de l’ancienne propriété Schulmeister à Strasbourg.
(I. M. H. 1990).


La fontaine de la Place de la Tuilerie
Cette fontaine, de style Louis XVI, est un exemple de sculpture du XVIII siècle. Elle se trouvait à l’origine dans une cour intérieure de la maison Hartmann, au début de l’ancien jardin à l’anglaise de la propriété, actuels parcs Albert Schweitzer et de la Fecht.
Miraculeusement épargnée par la Première Guerre mondiale, elle a été déplacée en 1919 et installée à son emplacement actuel en 1934.
(I. M. H. 1990).
La place de la Tuilerie doit son nom à l’existence au XVIII siècle d’une tuilerie qui a fonctionné jusqu’en 1821.

(ph. : S. W.)ZoomLe monument Kirschleger

(ph. : S. W.)ZoomNeptune

(ph. : S. W.)ZoomFontaine, place de la Tuilerie


LE PARC
 
Balade printanière dans la verte vallée…
Mon regard se pose sur une fontaine du temps passé.
Epargnée par la Grande Guerre…
Dans un jardin à l’anglaise, elle trônait hier.
 
Balade printanière…
Mon regard se pose sur une grande et vieille pierre.
Dans le soubassement d’un muret…
Je vois… un soupirail condamné.
 
Ce sont les derniers vestiges
D’une maison de prestige.
La Grande Guerre l’a emporté
Ne laissant d’elle que ces quelques pierres éparpillées.
 
Qu’il est loin le temps…
Où un empereur faisait honneur à la belle maison !
Qu’il est loin le temps… où le maître de céans
Recevait musiciens et peintres de talent !
 
Balade printanière dans la verte vallée,
Moment nostalgique du temps passé,
Un parc a remplacé le jardin anglais.
Ah ! si les arbres centenaires pouvaient parler !
 
 
Balade printanière, mon regard se pose…
Sur deux griffons en grès rose.
De part et d’autre d’un parapet,
Je vois… deux sphinx figés.
 
Ce sont les derniers témoins
D’un beau et grand jardin.
Témoins muets
D’un jardin anglais du passé.
 
Au fond du parc de la verte vallée,
Cachée par les arbres et ultime témoin du passé,
Une statue de Neptune au regard songeur…
Qu’il est loin le temps… de la splendeur !
 
Emilienne Conreux-Herbeth
Munster, Haut-Rhin 2016