Musée virtuel

  • De la bibliothèque abbatiale à la Médiathèque du 21ème siècle

    Exposition « De la bibliothèque abbatiale à la Médiathèque du 21ème siècle » (2 octobre 2019 – 22 février 2020)

    Présentation

    L’exposition annuelle de la Ville de Munster eut lieu du 1er octobre 2019 au 22 février 2020.Celle-ci était consacrée aux 150 ans de la ligne de chemin de fer Colmar-Munster (prolongée en 1893 jusqu’à Metzeral).

    Petit rappel historique

    L’abbaye de Munster L’abbaye Saint-Grégoire, dont les origines remontent à 660, fut l’une des grandes abbayes bénédictines d’Alsace. La Ville de Munster lui doit son existence et son nom (Monasterium) et la vallée son ancienne dénomination (Val Saint-Grégoire). Après les destructions de la Guerre de Trente Ans (1618-1648), le XVIIIe siècle fut pour elle une période de prospérité et de rayonnement intellectuel et spirituel.
    En août 1791, l’abbaye fut vendue comme bien national et la bibliothèque riche de 8000 volumes, fut transférée à la bibliothèque municipale de Colmar.
    Tous ceux qui ont pu visiter l’abbaye de Munster au XVIIe et XVIIIe furent étonnés par la richesse et la variété de sa bibliothèque. Les manuscrits, incunables et livres imprimés comprenaient, outre des ouvrages religieux, de l’histoire ancienne et moderne, de la géographie, de la littérature, de la philosophie, du droit, des mathématiques, des sciences physique et naturelle, de la médecine, de l’astronomie, des récits de voyages et même de l’architecture militaire.
    L’abbaye et la bibliothèque furent marqués par le passage de dom Augustin Calmet (1672-1757). Théologien, historien, exégète célèbre, ce dernier poursuivit ses études à l’abbaye de Munster de 1690 à 1696 et y séjourna en qualité de sous-prieur de 1704 à 1706. Il y occupa de multiples fonctions dont celle de « bibliothécaire ». Durant son passage à Munster, dom Calmet a fortement contribué à enrichir la bibliothèque de Munster.

    La bibliothèque « Woelflin »

    Dans les années qui suivirent la 2nde Guerre mondiale jusque dans les années 1960 Munster, pouvait également se targuer de proposer une bibliothèque privée, ouverte au prêt et à la consultation des bibliophiles et habitants de la ville. Sise au 46 Grand’Rue à Munster, elle fut constituée par Edmond Woelflin (1856-1941), polytechnicien et militaire de carrière et marié à une Munstérienne Elise Spenle. Elle était composée à l’origine de plus de 10 000 ouvrages. Ce fonds cohérent, varié et précieux nous est connue grâce à un don de livres, dans les années 1970, à la bibliothèque des Dominicains de Colmar.
    La première mention connue dans les archives d’une bibliothèque communale date de 1893. La bibliothèque communale occupe alors un local de l’école primaire. Pendant la 1ère Guerre mondiale, le bâtiment de l’école étant transformé en hôpital militaire, les livres de la bibliothèque sont déménagés et entreposés au grenier de l’école. En 1924, la municipalité décide de réinstaller une bibliothèque publique et « populaire » à l’école. De 1924 à 1936, la bibliothèque communale va connaître un développement exponentiel passant de 348 volumes prêtés par an en 1924 à 5 888 en 1935. Au début de la 2nde Guerre mondiale, l’école communale de Munster est réquisitionnée en vue de sa transformation en hôpital militaire, mais la bibliothèque installée dans un local de l’école ne cesse pour autant de fonctionner. Avec l’annexion de l’Alsace au 3ème Reich en juin 1940, les bibliothèques publiques deviennent des instruments pour l’imprégnation des esprits par l’idéologie nationale-socialiste. La bibliothèque de Munster n’échappe pas à cette règle.
    Après la 2nde Guerre mondiale, un rapport d’expertise fait état de la destruction et du pillage de plusieurs milliers d’ouvrages. La Ville de Munster reçoit des indemnités de dommages de guerre et vote des crédits pour la reconstitution de la bibliothèque communale. Elle bénéficie également de nombreux dons d’ouvrages (notamment en provenance de Suisse) et du retour de livres spoliés. La municipalité décide d’installer la bibliothèque communale au rez-de-chaussée de la mairie. En 1976, la bibliothèque est installée dans une salle du sous-sol de la salle des fêtes (inaugurée en 1967). En 1980, a lieu la création de l’association des « Amis de la bibliothèque » qui va participer grandement au développement de la bibliothèque notamment par l’organisation de nombreuses animations. La municipalité fait aménager la même année un local de 30 m2, attenant à la bibliothèque destiné à la consultation sur place. Une nouvelle extension de la bibliothèque municipale a lieu en 1985. En 2007, la municipalité envisage d’aménager le bâtiment communal du Batial, pour y transférer la bibliothèque devenue médiathèque. Le projet restera cependant sans suite, le Batial ne répondant pas aux contraintes techniques d’aménagement d’une médiathèque.
    En 2015, la Ville projette la création d’une médiathèque par extension des locaux de la bibliothèque communale. Le projet est abandonné en décembre 2016, lorsque l’administration du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges décide de rétrocéder à la Ville les locaux qu’elle occupe depuis 1994, au rez-de-chaussée du bâtiment communal du Prélat. La Ville prend alors la décision d’installer la médiathèque dans ce bâtiment classé aux monuments historiques en 1990, vestige le plus important de l’ancienne abbaye bénédictine. Il abrite depuis 1994 l’administration du Parc Naturel Régional des Ballons des Vosges, l’Office de Tourisme de la Vallée de Munster.
    Le Prélat ne présente pas les mêmes contraintes structurelles et permet un aménagement qualitatif et lumineux sur une surface de plus de 650 m2. Les travaux débutent en décembre 2018, pour s’achever à l’automne 2019.

     

    Photos des travaux

    Photos de l’inauguration

  • La vallée fête les 150 ans de son train

    Exposition « La vallée fête les 150 ans de son train » (4-17 juin 2018)

    Présentation

    L’exposition annuelle de la Ville de Munster eut lieu du 4 au 17 juin 2018 à la salle de la Laub. Celle-ci était consacrée aux 150 ans de la ligne de chemin de fer Colmar-Munster (prolongée en 1893 jusqu’à Metzeral).

    Petit rappel historique

    Les premières lignes de chemin de fer inaugurées en Alsace furent celle de Mulhouse-Thann en 1838 puis celle de Strasbourg-Bâle en 1841. Nécessaire au développement économique de l’industrie textile dans la vallée, la construction d’une ligne Colmar-Munster est évoquée dès 1840 mais ce n’est que par suite de l’action d’un comité de manufacturiers qu’en 1855 une étude concrète est menée et aboutit à la présentation d’un dossier intitulé : « Vallée de Munster, chemin de fer et endiguement de la Fecht ».
    Un projet de plus grande envergure est cependant dans l’air : relier Paris à Vienne par voie ferrée en suivant l’itinéraire le plus adapté et direct possible. D’intenses luttes d’influences et de pouvoir naissent alors, l’idée étant non seulement d’allier plaine et montagne mais également de mettre d’accord les différents comités qui prônent des tracés divergents reflétant les intérêts économiques et politiques de chaque ville ou territoire.
    C’est l’industriel et Maire de Munster Frédéric Hartmann (1822-1880) qui va mener la bataille pour la construction de la ligne Munster-Colmar et surtout la percée des Vosges par la vallée dans le cadre de la grande ligne internationale Paris-Vienne.
    En 1860, un second comité est constitué à la suite de l’autorisation de l’étude « du chemin de fer des Vosges à la Forêt-Noire ». Après de nombreuses et âpres discussions, la construction de la ligne de Munster à Colmar est confiée à la Ville de Munster par décret impérial du 5 août 1866 tandis que la compagnie de l’Est est prévue pour l’exploitation de la ligne. Après des mois de travail intense, le 3 décembre 1868, la ligne Colmar-Munster est ouverte à la circulation.
    Le grand projet de percée des Vosges par la Vallée de Munster et notamment la liaison Munster-Mulhouse par Wildenstein et Mittlach (un tunnel devait s’ouvrir sous le Rothenbachkopf) semble tout proche d’aboutir lorsqu’éclate la guerre franco-prussienne en 1870.
    Dès le mois d’août 1870 la circulation des trains est interrompue. À la fin de la guerre la Ville de Munster propriétaire de la ligne est face à une situation financière catastrophique et en 1871 la ligne est vendue à l‘Empire allemand.
    En 1893, la ligne Colmar-Munster est prolongée jusqu’à Metzeral pour les besoins des usines textiles implantées en amont de Munster.

     

    Photos de l’exposition

  • Le tramway "Munster-Schlucht" (1907-1914)

    Exposition « Le Tramway Munster-Schlucht » (16-17 septembre 2017)

    Présentation

    Inaugurée le 13 mai 1907, la ligne de tramway électrique « Munster-Schlucht », « Münster-Schlucht-Bahn », reliait la gare de Munster au col de la Schlucht, frontière entre l’Empire et la France. Victime de la Première Guerre mondiale, elle ne fonctionna que sept ans !

    Mise en circulation quelques années après la prolongation de la ligne française de Gérardmer à Retournemer en direction du Hohneck, la ligne alsacienne contribua elle aussi au développement du tourisme au col de la Schlucht. Poste frontière hautement symbolique, les voyageurs allemands et français s’y côtoyaient pacifiquement et pouvaient contempler, d’un côté, les Vosges françaises et de l’autre, les provinces perdues en 1871. Il a été le seul col-frontière comportant deux poteaux frontières en fonte du côté allemand. L’un se trouve aujourd’hui au Mémorial du Linge, le second au musée historique des armées aux Invalides, à Paris.

    Le départ de la ligne se faisait en face de la gare de Munster, desservie par la voie ferrée Colmar-Munster, inaugurée en 1868, puis prolongée jusqu’à Metzeral en 1893. De Munster à la Schlucht, il fallait compter une heure de voyage. Les arrêts étaient nombreux : Hohrod, Stosswihr, Ampfersbach, Rosselwasen, Schmelzwasen, Saegmatt et Altenberg. Le tramway commençait par rouler en ville (gare, rue Frédéric Hartmann, rue du Dr Heid, rue Rapp, rue du 9 Zouaves) puis suivait la route et la quittait à gauche de l’église catholique de Stosswihr-Ampfersbach, jusqu’à la Saegmatt (actuel restaurant des Cascades), dernière station avant la montée. Il empruntait ensuite la crémaillère jusqu’au pied de l’hôtel de luxe Altenberg, construit en 1896 par Alfred Hartmann (1826-1898). De nombreuses personnalités y séjournèrent : le Premier Ministre anglais, le Marquis de Salisbury, la Reine Wilhelmine des Pays-Bas, les fils de l’Empereur Guillaume II, des ministres du Reichsland, Raymond Poincaré, futur Président de la République Française…

    L’originalité de ce tramway résidait dans la combinaison d’une partie à adhérence normale (10,8 km à 17 km/h, entre Munster et la Saegmatt puis entre l’hôtel Altenberg et la Schlucht) et une autre à crémaillère (2,8 km à 7,5 km/h, entre la Saegmatt et l’Altenberg). Les pentes pouvaient accuser jusqu’à 22 % de déclivité !

    L’exploitation de la voie fut malheureusement de courte durée. Le 3 août 1914, l’Allemagne déclarait la guerre à la France. Utilisée pour l’évacuation des blessés et le transport des troupes françaises entre le 18 août 1914 et le 3 septembre 1914, l’alimentation électrique de la ligne fut coupée le 3 septembre dans l’après-midi par les troupes allemandes. La guerre signait alors la fin de cette épopée ferroviaire. Après 1918, un projet de reconstruction fut mis à l’étude mais la concurrence de l’autobus empêcha son aboutissement.
    Celui qu’on surnommait le « tram des crêtes », transporta en 7 ans près de 410 000 voyageurs vers les sommets vosgiens et s’enorgueillissait d’être la plus haute remontée mécanique à crémaillère du Reich.

     

    Tracé de la ligne « Munster – Schlucht » (basé sur un plan de reconstruction de la ligne après 1918, in Annuaire de la Société d’Histoire n°34, 1980).

  • Sous nos pieds, l'Abbaye de Munster

    Exposition « Sous nos pieds, l’Abbaye de Munster » (5-18 juin 2017)

    Présentation

    Conçue en collaboration étroite avec Archéologie Alsace et l’INRAP, l’exposition annuelle 2017 de la Ville de Munster eut lieu du 5 au 18 juin à la Laub. Intitulée « Sous nos pieds, l’Abbaye de Munster », celle-ci fut consacrée aux résultats des récentes découvertes archéologiques (2015-2016) faites dans le cadre du projet de réaménagement de la place du Marché de la Ville de Munster et de création d’un hôtel dans le Bàssiàl (Palais abbatial).
    Prescrites par l’État pour identifier et sauver le patrimoine archéologique pressenti, ces fouilles ont été réalisées par Archéologie Alsace, en partenariat avec l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP). Elles ont essentiellement mis au jour des vestiges liés à l’abbaye de Munster, l’un des monastères les plus anciens (fondé au 7ème siècle), influents et prestigieux d’Alsace.

    Plan général de phasage des fouilles de 2015 et 2016

  • Les Hartmann, une famille d'industriels

    Exposition Hartmann, un empire industriel (6-19 juin 2016)

    Voir également « La Dynastie Hartmann »

    Présentation

    André Hartmann (1746-1837), maître teinturier à Colmar, s’installe à Munster en 1783 et s’associe à l’industriel J.-H. Riegé. Il devient en 1789 seul propriétaire de l’usine d’indiennes du Graben. Il jette dès lors les bases d’une véritable saga industrielle. De son association avec ses deux fils naît les entreprises Hartmann et Fils. Au fil du temps, des acquisitions, extensions, investissements, la famille se retrouve à la tête d’un authentique empire industriel local qui associe filature, tissage, blanchiment et impression sur étoffe répartis sur cinq sites à Munster. Insérées dans le tissu urbain, ces usines finissent par couvrir 36 ha. À leur apogée, en termes de possession, les Hartmann dirigent un empire qui s’étend de la vallée de Munster au Brésil en passant par le Maroc, le Sénégal, le territoire de Belfort et l’Eure !

    Exposition Hartmann en 2016

    Exposition Hartmann en 2016

     

    Photos de l’exposition

  • 1914-1918 - Munster, les désastres de la guerre

    Exposition « 1914-1918 – Munster, les désastres de la guerre » (8-21 juin 2015)

     

     

    Présentation

    Les services d’archives et culturels, sous la responsabilité de M. Wioland, adjoint au Maire de la Ville de Munster, ont proposé du 8 au 21 juin 2015 une exposition consacrée à Munster pendant la Première Guerre mondiale.

    Ce conflit représente une rupture dans l’histoire de la ville et de la vallée. À partir de février 1915, Munster est bombardée quotidiennement et les batailles meurtrières se succèdent (de février à avril 1915, combats sur les deux Reichackerkopf ; du 15 juin au 21 juin 1915, bataille de Metzeral ; du 20 juillet au 15 octobre 1915, bataille du Linge-Schratzmannala-Barrenkopf). À la fin août 1915, la population est évacuée. Au terme de la guerre, la ville est détruite à 85 %.
    L’exposition était principalement centrée sur les conséquences de ce conflit dans la vie quotidienne des Munstériens depuis les premiers jours d’août 1914 jusqu’en août 1915, date de l’évacuation forcée de la ville causée par les bombardements de plus en plus intensifs.

    L’exposition proposait deux niveaux de lecture

    Le visiteur était immédiatement plongé dans le contexte grâce à une vingtaine de reproductions de photographies d’époque en très grands formats, une solide chronologie générale et locale ainsi qu’un fond sonore composé de bruitages et de témoignages d’anciens ayant vécu la Grande Guerre à Munster recueillis par Gérard Leser en 1993.
    Il découvrait ensuite dans les vitrines de nombreux documents inédits, classés par thème : la mobilisation et l’état de guerre ; les arrestations, la suspicion, les dénonciations ; les blessés et les morts civils et militaires ; les cantonnements et logements des troupes ; l’approvisionnement, le ravitaillement et le rationnement ; les bombardements et l’évacuation de la ville ; une vitrine avec des éclats d’obus, schrapnells, balles françaises et allemandes.
    Toutes ces vitrines étaient illustrées par de larges extraits du journal de Frédéric Pfitzenmeyer, gérant aux manufactures Hartmann, témoignage précieux et de premier ordre sur le quotidien des habitants, ainsi que par un numéro spécial d’un journal allemand du front des Vosges « Bacillus Verus » intitulé « Die Tote Stadt » dédié aux réfugiés de la ville de Munster.
    Les documents présentés provenaient essentiellement des fonds des archives de la Mairie, de la Société d’Histoire du Val et de la Ville de Munster et de particuliers.

    Une brochure documentée et illustrée à la disposition du public venait compléter la visite.
    Cette exposition, hommage à Munster ville martyre de la Grande Guerre, permit de saisir ce que fut réellement ce conflit dans la vie quotidienne des Munstériens.

    Photos de l’exposition

  • Mathias Doll (1804-1884)

    Biographie

    Mathias Doll est né à Munster le 14 Frimaire an XIII (5 décembre 1804), troisième enfant d’une fratrie de sept, il est le fils de Jean-Jacques Doll, maître- graveur aux Manufactures Hartmann et fils, originaire de Colmar et de la Munstérienne Anne-Marie Vogel.

    Elevé dans la culture de l’esthétique, le jeune Mathias montre très tôt des dispositions exceptionnelles pour le dessin.
    À l’âge de 18 ans, il entre en apprentissage dans l’atelier de dessin des Manufactures Hartmann et fils, sous la direction d’Henri Lebert où il ne tarde pas à être remarqué, tant pour son assiduité au travail, que pour ses dispositions artistiques.
    MM. Hartmann et Fils comprennent rapidement que le jeune homme possède le talent de créer de nouveaux motifs pour leur industrie d’impression sur tissus. Ils décident alors de faciliter le développement de ses bonnes dispositions en lui proposant de suivre pendant plusieurs années, à leurs frais, des cours d’étude de dessin, soit à Lyon, soit à Paris.
    Assisté de son père, Mathias Doll signe le 24 mai 1825, avec MM. Hartmann et Fils, un contrat d’engagement de six années qui lui permet de suivre les cours de l’Ecole de Dessin de Lyon.

    À l’âge de 21 ans, en décembre 1825, le jeune homme fait son entrée à l’École Royale de Dessin de Lyon, où il est admis dans la section peinture de fleurs. Parmi un entourage artistique choisi et sous la direction du professeur Thierriat, le jeune Munstérien va se distinguer, en obtenant plusieurs récompenses pour ses peintures : un prix en 1826, une médaille d’argent en 1827, une médaille d’or de la ville de Lyon en 1828, accompagnée de la somme de 60 francs, pour trois compositions florales présentées lors de l’exposition des artistes de l’école des Beaux-Arts de la ville : « Vase de fleurs avec perdrix », « Corbeille de fruits avec cithare et fleurs » et « Vase de fleurs, tulipes et impériales ».

    Après trois années de solides études, diplômé avec la mention « bon sujet », Mathias Doll quitte l’école de Lyon, pour revenir à Munster, où il occupera de 1828 à 1850, le poste de dessinateur industriel aux Manufactures Hartmann et Fils, mettant son talent au service de ses bienfaiteurs. Pendant cette période, l’homme réside tantôt à Munster, tantôt à Paris où il séjourne souvent pour des raisons professionnelles.
    Aux environs de 1850, s’opère une rupture dans la vie de Mathias Doll, il décide de renoncer à tout travail industriel, pour ne vivre que pour sa passion artistique. Commence alors une période triste de la vie de l’artiste. Elle nous est connue par les souvenirs laissés par Henri Scheurer. Volontiers misanthrope, l’homme habite dans une seule chambre de la maison paternelle et ne vit plus que de ses propres pensées aigries et désillusionnées, subissant les lazzis malséants des jeunes gens qu’il rencontre à l’hôtel de la Cigogne où il prend ses repas.
    Constamment absorbé par ses pensées, dévoré par la passion du dessin, Mathias Doll parcourt seul, l’album en main et par tous les temps, les sentiers isolés, les champs et villages de la vallée, crayonnant sans relâche tout ce qui l’intéresse : plantes, fleurs, fruits, animaux, enfants, paysages, scènes de la vie quotidienne.
    De cette époque jusqu’à sa mort, l’artiste réalisera une quantité innombrables d’esquisses et dessins au crayon, ainsi que des dessins aquarellés, d’une perfection et d’une finesse remarquables, la sûreté de sa main ne s’étant pas démentie avec le grand âge.

    Après une dégradation de son état mental, Mathias Doll, meurt célibataire, à Munster le 26 mars 1884.
    Henri Scheurer, grand admirateur de l’œuvre de Mathias Doll, dira de lui : « Il était un grand artiste, dans sa modeste sphère, il serait dans d’autres milieux, dans d’autres circonstances arrivé à la célébrité, il en avait l’étoffe ».
    Un premier hommage fut rendu à Mathias Doll en 1925, lors de la grande exposition artisanale de Munster : quelques œuvres de l’artiste furent alors présentées au public. Le tableau intitulé « Vase de fleurs, tulipe et impériales » récompensé en 1828 à Lyon par une médaille y fut, dit-on, vivement admiré.

    Un deuxième hommage fut rendu à l’artiste, en date du 21 mai 1928, lorsque le conseil municipal de la Ville de Munster, sous l’impulsion de la Société d’Histoire du Val et de la Ville de Munster, décida de dénommer la nouvelle artère reliant la Grand’Rue à la rue des Vosges, « Rue Mathias Doll ».

    Œuvres

    Mathias Doll, le botaniste

    Sources & Bibliographie
    Sources
    > Archives Société d’Histoire de Munster, Album Doll (D 1), Préface.
    > Archives municipales de Munster, Registre d’Etat-civil, Acte de naissance de Mathias Doll.Bibliographie
    > ASSENMACHER-WETZEL M., « Mathias Doll, 1804-1884 », in ASHVVM, 1928, p. 77-86.
    > BENEZIT Emmanuel, Dictionnaire critique et documentaire des peintres et sculpteurs, dessinateurs et graveurs : de tous les temps et de tous les pays, par un groupe d’écrivains spécialistes français et étrangers, Librairie Gründ, 1976, p. 612.
    > LOTZ François, Artistes peintres alsaciens de jadis et de naguère (1880-1982), Kaysersberg, 1987.
    > SCHMITT Robert, « Visages et silhouettes de la vallée de Munster. Peintres, dessinateurs, paysagistes », in ASHVVM, 1978, p. 30-31.
    > « Rue Mathias Doll » in Bulletin municipal de Munster, Mai 2004, p. 6.Fonds iconographiques
    > Archives Société d’Histoire de Munster : albums (D 1, D 2, D 192, D 202, D 204, D 313), dessins encadrés (A 56, A 58, A 59, A 66, A 67).
    > Archives municipales de Munster : Albums, tableaux, etc. : legs à la Ville de Munster, en 2012, de Jean-Pierre Leinen (1921-2012), descendant de Frédéric Doll (1806-1893), frère de M. Doll.
    > Fonds Marie-Françoise Noël, Munster.
  • Paysages de la Vallée de Munster d'hier et d'aujourd'hui

    Exposition « Paysages de la Vallée de Munster d’hier et d’aujourd’hui » (10-23 juin 2013)

    Présentation

    « J’ai beaucoup voyagé, j’ai visité tous les pays de grandes montagnes, savoir (sic) les Alpes, les Pyrénées, les Sierras Nevadas. Je trouve que ces montagnes des Vosges, sans égaler ces dernières en élévation, leur sont supérieures sur tous les autres points… »
    Gustave Doré, 19 septembre 1866

    La Ville de Munster propose du 10 au 23 juin 2013 son exposition annuelle, intitulée « Paysages de la Vallée de Munster, d’hier et d’aujourd’hui ».
    Véritable plongée au cœur de l’Histoire, celle-ci présente aux visiteurs de nombreuses représentations anciennes de Munster et de sa vallée (photographies, lithographies, gravures, peintures…) s’échelonnant du XVII au XX siècle. Ces œuvres proviennent essentiellement des fonds iconographiques de la Ville de Munster, de la Société d’Histoire du Val et de la Ville de Munster, de collectionneurs et d’artistes de la vallée.
    Originalité de l’exposition, ces vues anciennes sont mises en parallèle avec des photos actuelles prises aux mêmes endroits, ce qui permettra de mesurer l’évolution et la transformation des paysages au fil du temps. Ces clichés ont été réalisés dans leur majorité par les membres du club photo ASCL Multimédia de Breitenbach.
    Des notices descriptives et historiques accompagneront le tout et permettront aux visiteurs de saisir l’empreinte de l’Histoire et l’évolution de notre vision du paysage.
    Par ailleurs, des visites guidées sur sites seront proposées en partenariat avec la Communauté de Communes de la Vallée de Munster. Elles ont pour objectif de sensibiliser le visiteur à son environnement afin qu’il devienne un acteur de la préservation et de la valorisation de son patrimoine paysager.

  • Robi (1897-1955) et Emile Wetzel (1895-1970)

    Biographies

    Robi Wetzel (1897-1955)

    Henri Robert Wetzel dit « Robi » Wetzel, est né le 23 février 1897 à Munster. Fils d’Emile Wetzel, boucher-charcutier et hôtelier « Aux Armes de Munster », Grand’Rue, et d’Emilie Obrecht. Il a un frère aîné Emile né en 1895.

    Atteint dès son jeune âge d’une claudication, l’enfant s’amuse seul et produit déjà de précoces dessins.
    Le jeune Robi fait des études secondaires au collège de Munster, avant de rejoindre l’école des Arts Appliqués de Strasbourg en 1911, où il étudie l’orfèvrerie. Il reprend ses études interrompues par la guerre en 1918.
    Dès 1916-1917, il réalise de minutieux travaux de calligraphie, dont  plusieurs ex-libris (gravures) et se consacre avec passion à la peinture et au dessin.
    Dans les années 1920, tout en mettant son talent de pianiste au service des hôtes de l’hôtel familial,  Robi réalise dans l’établissement de ses parents un premier travail de décoration, sous la forme d’une frise qu’il peint sur les murs de la pièce principale : une farandole de jeunes gens de la région, des marcaires et des « Talwiewale ». Il créé aussi avec son ami Hans Matter, la WETMA, dénomination comprenant les initiales patronymiques des 2 associés. Ensemble ils illustrent la revue « Min Menschtertal » et décorent des boîtes, dont celles produites par les ateliers de menuiserie Helly, dites « Spanlâde » destinées à la commercialisation et à la promotion du fromage de Munster.

    Pendant toutes ces années, Robi peint de nombreuses aquarelles des sites pittoresques de la vallée et de ses environs, des habitants en costumes régionaux et de leurs coutumes. Il expose ses peintures dans la vitrine de la librairie Bleicher de Munster et ses « souvenirs de Munster » lors de l’exposition artisanale de 1925.
    Hans Matter malade ne peut plus continuer son activité à la WETMA. Robi décide alors d’aller tenter sa chance à Paris et quitte Munster en compagnie de son frère Emile. Tandis qu’Emile part ensuite pour l’Amérique du Sud, Robi tient bon et crée son atelier d’« artiste-peintre », boulevard Rochechouart.
    Il séjourne régulièrement à Munster, mais s’installe définitivement à Paris en 1925, où il fait la connaissance de Marie Léonie Simone Crézels qu’il épouse le 24 septembre 1932, à Toulouse.

    À Paris, Robi a une clientèle satisfaisante. Il réalise des ensembles décoratifs pour la communauté alsacienne qui possède des restaurants dans la capitale : « Aux Armes de Colmar », situé près de la gare de l’Est, « Au Mont Sainte-Odile », au Grillroom du Petit Pavillon, situé boulevard Bonne Nouvelle ou encore « Chez Jenny ». Dans ces établissements, Robi peint des frises murales où l’on retrouve des sujets folkloriques, des beaux sites alsaciens et vosgiens et des silhouettes du terroir.
    Dans la capitale, l’éventail des thèmes picturaux du peintre s’élargit considérablement. L’artiste s’épanouit et peint des natures mortes, des portraits, des vues de Paris et de la région parisienne. Il découvre les tendances de la peinture contemporaine, ses œuvres sont alors marquées par la diversité des techniques et traitées tantôt de façon classique, tantôt à la manière des impressionnistes ou des cubistes. Quelques compositions évoluent même vers l’abstraction. Robi expose à Paris au salon des indépendants et au salon d’Hiver.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la Capitale occupée, Robi qui a toujours eu pour violon d’Ingres la petite mécanique, se réfugie dans une activité qui va prendre une importance inattendue dans son œuvre : la fabrication de jouets mécaniques. Profitant de ses connaissances en orfèvrerie, il créé avec des matériaux de fortune des pièces uniques. Ses réalisations, comme l’oie électrique qui « se dandine, dodeline du chef, bat des ailes » et émet des sons ou sa « machinerie » présentant 4 siècles de l’Histoire de France, haute de 3 mètres ou encore les acrobates qui voltigent et l’écuyère qui traverse des cerceaux font l’objet d’articles de presse élogieux. On y reconnaît sa grande ingéniosité. Robi expose ses chefs d’œuvre au salon de l’Imagerie du pavillon de Marsan situé dans l’enceinte du Louvres. Ils lui valent un premier prix.
    Après la guerre, Robi reprend avec ardeur son activité de peintre et se rend fréquemment à Colmar pour exposer à la galerie Huffel (actuel Crédit Mutuel Bartholdy, rue des Prêtres).

    Lors de l’été 1953, répondant aux sollicitations de ses amis munstériens, il accepte d’exposer dans ce qui fut l’hôtel familial « Aux Armes de Munster », désormais exploité par André Ory. Pour les besoins de l’exposition Robi peint en quelques semaines une centaine de gouaches et aquarelles représentant des sujets folkloriques et des paysans et paysannes de la Vallée. Voulant sans doute montrer à ses concitoyens l’étendue de son activité picturale, il ajoute des études de paysage traitées selon les conceptions impressionnistes et cubistes et quelques compositions abstraites.
    L’exposition de Munster n’est qu’un prélude à la grande exposition qui a lieu en 1954 à la galerie Huffel à Colmar. Cette exposition surprend les visiteurs autant par la diversité des sujets que par celles des techniques. Les toiles présentées montrent que tout en subissant l’influence des tendances de la peinture contemporaine à Paris, Robi toujours en recherche, ne s’est jamais réellement engagé dans une voie.
    La vie ne lui laissera pas le loisir de poursuivre son œuvre, l’artiste s’éteint soudainement à Paris, à l’âge de 58 ans, le 28 mars 1955. Il repose au cimetière de Munster avec sa femme et ses parents.

    Emile Wetzel (1895-1970)

    Martin Émile Wetzel, frère aîné de 2 ans, de Robi, naquit à Munster le 27 juin 1895.

    L’aîné des Wetzel fait des études générales, devient bachelier puis obtient une licence de droit à la faculté de Strasbourg.
    Le jeune homme, connaît la douloureuse expérience de la Première Guerre mondiale : en 1915, il a 20 ans, quand il est mobilisé et envoyé sur le front russe, mais la guerre n’altérera pas sa soif d’entreprendre.
    De retour, dans sa vallée de Munster meurtrie par la guerre, Émile Wetzel créé en 1919 un organe de presse : une revue majoritairement rédigée en dialecte munstérien : Min Menschtertal, dont le but est de redonner optimisme et espoir à ses compatriotes. Cette revue illustrée par les dessins de son frère Robi et de Hans Matter ne connaîtra cependant que trois nos datés de 1919.
    Après un début de carrière à la banque du Rhin, précédant Robi, Émile décide, en 1924, de s’installer à Paris, il a alors 29 ans. Le 17 février de la même année, il épouse à la mairie du 3ème arrondissement Anne Marie Catherine Schultz, qui mourra en couches avec leur enfant. Il se remariera le 6 septembre 1928, avec Yvonne Marthe Brochère, mais l’union se terminera par un divorce.

    L’homme, qui se définit lui-même comme « un touche à tout », se lance à Paris, dans le journalisme, sa passion de jeunesse, dans la branche touristique. Il exercera pendant 6 ans aux côtés du premier « ministre » français du tourisme Gaston Gérard.
    Émile Wetzel trouve son épanouissement dans la capitale, où il fréquente les groupements d’Alsaciens. Une idée lui est chère depuis longtemps : réunir les éléments alsaciens disséminés dans Paris et créer un organisme d’informations touristiques, économiques, intellectuelles et sociales, ainsi qu’un centre d’accueil destinés plus particulièrement aux jeunes, qu’ils voient affluer en grand nombre et qui, à cause du problème de la langue, notamment, connaissent à Paris les pires difficultés . C’est lors d’un banquet, le 11 novembre 1932, alors qu’il voisine avec le dessinateur Zislin, que son idée va prendre forme. Tous les deux décident de créer la Maison d’Alsace à Paris.
    Pour cela, ils constituent d’abord, en 1933, la Société des Alsaciens de Paris, dont Zislin devient le président, tandis qu’Émile Wetzel devient rédacteur et administrateur du journal de la société intitulé « Notre Pays » ; enfin, en octobre 1934 ils fondent la Maison d’Alsace. D’abord hébergée par Istra, rue Richelieu, la Maison d’Alsace, s’installe, le 15 novembre 1934, dans des locaux plus spacieux, au 115 boulevard Sébastopol.
    L’organisme va peu à peu devenir indispensable, non seulement aux Alsaciens de Paris, mais également au grand public, qui ont pris l’habitude de le consulter sur toutes les questions commerciales ou industrielles, et principalement sur le Tourisme et l’Hôtellerie. Un nombre considérable de personnes et groupements vont avoir recours à ses bons offices, pour l’organisation de leur séjour à Paris.

    Dans les années précédant la Deuxième Guerre mondiale, Émile Wetzel consacre toute son énergie au développement de la Maison d’Alsace, mais brasse aussi des affaires, il devient copropriétaire du prospère restaurant « Chez Jenny ».
    Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les activités parisiennes d’Émile Wetzel ne sont pas connues. On sait toutefois que la Maison d’Alsace cesse de fonctionner, pour ne renaître qu’en 1968. Cette « nouvelle » Maison d’Alsace s’installera au 39 avenue des Champs-Élysées, devenant alors centre d’affaires et maison régionale pour la promotion de l’Alsace à Paris.
    Après la guerre, Émile Wetzel, prend un nouveau départ, il ouvre à Santeuil un hôtel-restaurant : « l’auberge du colombier », situé à 50 km de la capitale, l’établissement cossu où l’on fait bonne chère est réputé et fréquenté par le Tout Paris.
    Malgré une réussite sociale incontestable, sans qu’on en connaisse la cause, Émile Wetzel décide de s’expatrier. Il part, en 1951, s’installer en Argentine, à Cordoba. cette année là il se remarie avec Hélène Germaine Rieth qui lui donnera 4 enfants.
    L’homme toujours dynamique ouvre une pension de famille et reprend des engagements associatifs. Il fonde notamment l’ « Union des Français à l’étranger », pour la ville de Cordoba qu’il présidera pendant 16 ans.

    Émile Wetzel est installé depuis 18 ans à Cordoba, quand il décède le 1er mai 1970, « La Voz de Cordoba », organe de presse locale fait l’éloge de l’homme instruit, d’une vaste culture et d’une fine spiritualité, aux réalisations nombreuses et remarquables aussi bien en Europe que dans sa Patrie d’adoption.
    Il repose au cimetière San Jeronimo, dans le Panthéon de la société française de Cordoba, où le rejoindra son épouse décédée le 28 janvier 2002.

    Photos de l’exposition

    Photos de l’exposition « Les frères Wetzel à l’honneur »

    Sources & Bibliographie
    Sources
    > SCHMITT Robert, Allocution « Exposition rétrospective des œuvres de l’artiste-peintre Robi Wetzel (1897-1955) », cérémonie inaugurale du 11 juillet 1970.
    > SCHMITT Robert, Allocution prononcée par le Maire de Munster à l’occasion de l’inauguration de la rue Robi Wetzel, 13 juillet 1964.
    > Fiches familiales et domiciliaires de la famille Wetzel, déclarations de professions.
    > Fiches familiales et domiciliaires des familles Greney, Erichson, Wahler, Matter, Leonhart.
    > Etat Civil de Munster pour le patronyme « Leonhart ».Bibliographie
    > BAUER A. et CARPENTIER J., « Wetzel Henri, Robert dit Robi », in Répertoire des Artistes d’Alsace des dix-neuvième et vingtième siècles : Peintres-Sculpteurs-Graveurs-Dessinateurs, Oberlin, 1991.
    > EGELE Liliane, « Emile Wetzel, Munstérien du bout du monde », in ASHVVM, t. 65, 2011, pp. 127-140.
    > KUBLER Louis, « Robi Wetzel », in ASHVVM, t. 18, 1963, pp. 103-109.
    > La Vie en Alsace, périodique, imprimerie des Dernières Nouvelles de Strasbourg, 17-19 rue de la Nuée-Bleue n°5, mai 1939.
    > LESER Gérard, Hans Matter, dessinateur et poète de la Vallée de Munster, Jérôme Do Bentzinger Editeur, 1997.
    > LOTZ François, « Wetzel Robi », in Artistes peintres alsaciens de jadis et de naguère (1880-1982), Editions Printek, Kaysersberg, 1987, p. 356.
    > Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne.
    > Revue « Min Menschtertal : revue du val St-Grégoire », 3 numéros de 1919.
    > SCHMITT Robert, « Hommage à un artiste du terroir », in Bulletin municipal de Munster II, 1965.
    > SCHMITT Robert, « Visages et silhouettes de la Vallée de Munster. Peintres, dessinateurs, paysagistes », in ASHVVM, t. 32, 1978, p. 38.
    > WACKENHEIM Auguste, La littérature dialectale alsacienne : une anthologie illustrée, T. 3 La période allemande (1870-1918),  Prat  Editions, Paris, 1997.Coupures de presse (ordre chronologique)
    > BONNAT Yves, « La matière première manque », s. n., 1943.
    > C P., « La machinerie de M. Robi Wetzel au Pavillon de Marsan », in L’œuvre, 16 juin 1944.
    > « Exposition Robi Wetzel à Munster – Aux Armes de Munster », Nouveau Rhin Français, août 1953.
    > « Robi Wetzel stellt in seiner Heimatstadt Münster aus », Nouveau Rhin Français, 23-24 août 1953.
    > « Robi Wetzels Austellung in Munster », 28 août 1953.
    > « Der Maler aus dem Gregoriental, Robi Wetzel », in Chez soi, 30 août 1954.
    > « Robi Wetzel, der Maler aus dem Münstertal, gestorben », Dernières Nouvelles d‘Alsace, 30 mars 1955.
    > « Rétrospective Robi Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 18 septembre 1956.
    > « A propos de l’exposition Robi », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 22 septembre 1956.
    > DELANGE J., « Robert Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 23 septembre 1956.
    > « La journée « Robi » marquée par d’émouvantes cérémonies », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 23 septembre 1956.
    > « Émouvante manifestation du Souvenir pour l’inauguration de la rue Robi Wetzel, à Munster », in l’Alsace, 16 juillet 1964.
    > « L’inauguration de la rue Robi Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 16 juillet 1964.
    > « L’exposition de Robi Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 14 juillet 1970.
  • Marcel Haedrich (1913-2003) et Alfred Kern (1919-2001)

    Biographies

    Marcel Haedrich (1913-2003)

     

    Marcel Haedrich, journaliste, écrivain, chroniqueur à la radio, est né à Munster le 25 janvier 1913.

    Il a vu le jour au foyer d’Eugène Haedrich, fondé de pouvoir à la Manufacture Hartmann, et de Julie Grandpierron, originaires de la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines. Marcel est le deuxième des trois fils du couple, né après Alfred, ancien conseiller général, décédé en 1988, et avant Charles, décédé en juin 2007, ancien salarié du Crédit Agricole. Son père est tué dans la Somme, le 15 novembre 1916, sous l’uniforme allemand. Sa mère, veuve, l’élève avec ses frères dans un état proche de la pauvreté. « Elle ne pouvait compter que sur l’aide de Dieu, alchimiste efficace qui transformait le malheur en bonheur ».

    Après sa scolarité à Munster, Marcel Haedrich, boursier, débarque à Paris à l’âge de 15 ans pour intégrer l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris. « Il n’était pas facile en 1928 d’être un Alsacien à Paris ». Il travaille d’abord aux fonderies Halbergerhutte (Sarre) en 1933, puis, après le retour de la Sarre à l’Allemagne en 1935, il entre au service du groupe chimique et pharmaceutique Rhône-Poulenc. Il se marie le 1er février 1936 à Andrée Croizat, une « Parisienne » qui, plus est, était catholique. Deux « qualités » qui émurent, dans un premier temps, sa mère, de confession protestante.
    Au début de la Seconde Guerre mondiale, officier, il est fait prisonnier et est expédié dans un Oflag près de Lübeck. Libéré après six mois de captivité en tant qu’Alsacien, il rentre à Munster, qu’il quitte après avoir repris quelques forces, pour passer en zone libre. Après un détour par Vichy, il retrouve un emploi chez Rhône-Poulenc à Lyon. C’est dans cette ville, en 1941, qu’il fait ses débuts de journaliste au Figaro avant d’être engagé à Sept Jours, dirigé par l’industriel et grand patron de la presse française Jean Prouvost, où il rencontre Raymond Cartier, Hervé Mille, Max Corre… Il crée le journal clandestin du Mouvement national des prisonniers de guerre et des déportés, Victoire.
    Engagé dans la Résistance, il rencontre François Mitterrand dans un maquis des Hautes-Alpes. En juin 1944, envoyé par son mouvement dans le Cantal, il réquisitionne une imprimerie et fonde le premier journal de la France (partiellement) libérée : L’Homme Libre qui deviendra, à Paris et à l’injonction de la famille de Clémenceau, Libres. Le n°1 paraît le 9 juin 1944, trois jours après le Débarquement… Il le dirigera jusqu’en janvier 1945.

    Journaliste vedette de la « grande presse », il lance à la libération Samedi soir, le plus gros tirage d’après-guerre. C’est lui qui dévoile le nouvel univers de Saint-Germain-des-Prés où cherche à s’épanouir une jeunesse assoiffée de liberté au sortir de l’occupation. Grand reporter à Paris-Presse l’Intransigeant de 1950 à 1953, il participe aux plus grands évènements de son temps. De 1954 à 1964, il dirige la rédaction de Marie-Claire, puis celle de la revue Adam de 1964 à 1966.
    Il deviendra chroniqueur-éditorialiste pendant 7 ans à Europe n°1. Il y sera l’une des célèbres voix de la station, en intervenant, dans un premier temps, une demi-heure chaque dimanche (du 4 juin 1967 au 31 mars 1968) puis en assurant des éditoriaux quotidiens. D’abord programmé à « midi 25 » (Midi 25, voici Marcel Haedrich), jusqu’au 6 octobre 1969 puis le soir, avant de revenir au matin (avril 1972). Sa chronique du 6 juin 1974 – il ironisait sur le style du Premier ministre de l’époque, Jacques Chirac – fera scandale et sonnera la fin à sa collaboration avec Europe n°1.
    Sa lucidité et son indépendance de jugement donnaient à ses réflexions des allures de messages et laissaient percevoir des horizons prophétiques. Il était omniprésent à Paris, dans le monde des arts, de la haute couture et de la politique. Le menu du Café de Flore lui prête l’invention du mot « existentialisme ».
    Veuf depuis 1998, père de deux enfants – Jean-Michel et Jean-François – et domicilié à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne, Marcel était resté attaché à sa vallée natale où il revenait fréquemment (notamment à Munster et Soultzbach-les-Bains à l’Hôtel St Christophe tenu par la famille Freymuth).

    Il est mort à Paris le 7 juillet 2003. À sa demande, ses fils disperseront ses cendres au fond de la vallée de Munster, à un lieu qu’il avait choisi deux ans auparavant.
    Il est l’auteur de nombreux ouvrages, romans, essais, récits, biographies, pièces de théâtre (dont une est jouée à la Comédie-Française) et ouvrages de réflexion sur la question des relations entre l’homme et Dieu. Son roman, Une Enfance alsacienne ou le mal de Dieu (1978), est l’ouvrage qui évoque le plus la ville de Munster.
    Il a été fait chevalier (10 décembre 1985) puis officier (3 juin 1993) de la Légion d’Honneur par le Président François Mitterand. L’Académie d’Alsace lui a décerné le Grand Prix Maurice Betz en 1959 avant de l’accueillir comme membre (juin 1960). Il fut plusieurs fois cité pour les grands prix littéraires.

    Distinctions
    > Officier de la Légion d’honneur.
    > Croix de guerre 1939-1945.
    > Grand Prix Maurice Betz.
    > Citoyen d’honneur de la Ville de Munster.

    CHRONIQUES ET SOUVENIRS
    Chroniques sur Europe 1 « midi 25 : voici Marcel Haedrich » (1967-1974)
    Lors de l’inauguration de la rue Marcel Haedrich, le 6 juin 2007, l’un des fils de Marcel Haedrich, Jean Michel a parlé de l’attachement de son père à Munster : « malgré toutes ses activités il n’a pas oublié Munster… il y avait rarement un mois sans que mon père cite Munster dans ses chroniques radio ».

    Extraits des tapuscrits des chroniques de Marcel Haedrich concernant Munster, diffusées de 1967 à 1974, sur Europe 1, dans l’émission intitulée « Midi 25 : voici Marcel Haedrich ».

    Alfred Kern (1919-2001)

    Alfred Kern, écrivain, romancier et poète est né le 22 juillet 1919 à Hattingen (Rhénanie du Nord-Westphalie, Allemagne).

    Il est le fils d’Auguste Kern, fondé de pouvoir et de Marie Henriette Bremenkamp. Alfred passe son enfance à Schiltigheim. Il fait ses études secondaires au collège St-Etienne et au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg, puis des études de philosophie à la Faculté de Théologie catholique de Strasbourg et Clermont-Ferrand (1938-1940). Au terme de son service militaire, il reprend des études de philosophie et d’histoire aux universités de Heidelberg, Strasbourg, Leipzig et Paris.
    Diplômé, il s’installe dans la capitale en 1947, où il enseigne l’allemand à l’Ecole Alsacienne. Il sera par la suite professeur de la Ville de Paris, place Lucien-Herr, puis rue d’Alésia. Il se marie le 14 août 1948 à Halina Niekrassow (Sébastopol, Russie 1920 – Munster 2006) à Paris dans le 16ème arrondissement. Ils élèveront deux enfants : Anne-Brigitte (1942) et le plasticien Pascal (1952-2007).
    Il fréquente dans la capitale les plus grands noms de la littérature d’alors (Adamov, Ionesco, Sartre, etc). Avec ses amis Henri Thomas, André Dhôtel et Marcel Bisiaux, il fonde, sous l’égide d’Antonin Artaud, la Revue 84 qui publie notamment un débutant nommé Samuel Beckett.
    Lecteur défricheur de littérature allemande chez Gallimard, il révéla des œuvres capitales de la littérature germanophone d’après-guerre, comme celle de Thomas Bernhard ou Mars (1980) de Fritz Zorn.

    En pleine vogue du Nouveau Roman, il connaît le succès comme romancier avec Le jardin perdu (Prix Fénéon 1950), son extraordinaire épopée tragi-comique de la Mitteleuropa qu’est Le Clown (Prix international du roman, Charles Veillon 1957), L’Amour profane (Prix Maurice Betz 1959), Le bonheur fragile (Prix Renaudot 1960) ou encore Le viol (1964) qui retrace un été tragique dans une ferme au-dessus de Munster, avant d’entrer dans un long silence et se consacrer à une recherche scientifique et la création plastique, mêlant sculpture et photo.
    Son travail s’oriente vers d’étranges compositions photographiques, dont il donne plusieurs expositions, et surtout la poésie : Gel & Feu (1989), Le Point vif (1991), Le Carnet blanc (2002). Dans sa préface au Carnet blanc (2002), Philippe Jaccottet a donné toute la mesure du parcours littéraire de l’écrivain : « Lisant ces pages si dépouillées, si intérieures, écrit-il, je me dis que Kern, devenu ici contemplateur de plus en plus immobile du paysage que son refuge lui offrait tous les jours, Kern avec sa passion des choses visibles et des autres, avec l’enfance restée si présente en lui, dans le bonheur certes fragile mais pour lui si durable de l’amour, je me dis qu’il avait vraiment atteint ce centre que la profusion romanesque risquait peut-être de faire oublier, et d’où montagne et flamme de bougie peuvent être vues comme tressées ensemble pour un regard assez clair ».

    Le Prix du Patrimoine Nathan Katz lui a été attribué en 2007 et distingue le traducteur, Jean-François Eynard, qui s’est attaché à faire connaître en français le noyau secret du travail d’écriture d’Alfred Kern, ses poèmes allemands. Élevé à Schiltigheim, dans ce terreau de la langue populaire strasbourgeoise qu’il évoque avec tendresse dans Le jardin perdu, Kern n’a pas écrit en dialecte, mais a publié quelques rares poèmes écrits en allemand. Les textes rassemblés sous le titre La Lumière de la terre, constituent l’essentiel de son œuvre dans cette autre langue. Et l’étonnant est qu’en les lisant on découvre combien tout son travail est marqué par cette langue sous-jacente, qui lui a transmis un peu de son imaginaire, de sa saveur et de son rythme.
    Il a passé les dernières années de sa vie avec sa femme Halina dans une maison de Haslach, acquise avec l’argent du Renaudot, face aux sommets du Hohneck et du Petit Ballon, au-dessus de Munster, qui appartenait auparavant à Emile Allais, champion de ski alpin.

    Alfred Kern, un des grands écrivains alsaciens de l’après-guerre, est mort à Colmar, à la clinique Saint-Joseph, le 12 septembre 2001, laissant une masse considérable d’inédits, conservés pour l’essentiel aux Archives départementales du Haut-Rhin. Son œuvre est pour l’Alsace l’une des plus importantes du XXe siècle. Ses ouvrages ont été traduits en Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis, Italie, Espagne et Yougoslavie.
    Reprenant l’image des bulles de savon qu’enfant il adorait, il disait : « Elles s’agrègent, se perdent et meurent en parfum. C’est la plus belle mort : disparaître. »
     
    Œuvres primées :
    > Le jardin perdu, Prix Fénéon, 1950.
    > Le Clown, Prix Charles Veillon, 1957.
    > L’Amour profane, Prix Maurice Betz, 1959.
    > Le bonheur fragile, Prix Renaudot, 1960.

    Exposition et inauguration des rues Marcel Haedrich et Alfred Kern (6-8 juillet 2007)

    Photos de l’exposition

     

    Sources & Bibliographie

    Marcel Haedrich

    Œuvres de Marcel Haedrich
    Romans, essais
    > HAEDRICH Marcel, Baraque III, chambre 12 : récit de captivité, Les Éditions Variétés, Montréal, 1943.
    > HAEDRICH Marcel, Les Petits vaincus, Bordas, Paris, 1946.
    > HAEDRICH Marcel, Si j’avais voulu, R. Laffont, Paris, 1952.
    > HAEDRICH Marcel, Les Évangiles de la vie, R. Laffont, Paris, 1953.
    > HAEDRICH Marcel, Je veux, tu veux, il veut, R. Laffont, Paris, 1955.
    > HAEDRICH Marcel, Drame dans un miroir, Denoël, Paris, 1958.
    > HAEDRICH Marcel, Le Vrai procès de Monsieur Bill, B. Grasset, Paris, 1960.
    > HAEDRICH Marcel, La Rose et les soldats, B. Grasset, Paris, 1961.
    > HAEDRICH Marcel, Le Patron, B. Grasset, Paris, 1964.
    > HAEDRICH Marcel, L’Entre-deux dieux, B. Grasset, Paris, 1967.
    > HAEDRICH Marcel, Belle, de Paris, Éditions de Trévise, Paris, 1968.
    > HAEDRICH Marcel, Midi 25, voici Marcel Haedrich, Éditions de Trévise, Paris, 1969.
    > HAEDRICH Marcel, Et Moïse créa Dieu, R. Laffont, Paris, 1970.
    > HAEDRICH Marcel, Coco Chanel secrète, R. Laffont, Paris, 1971.
    > HAEDRICH Marcel, Mariorca, Flammarion, Paris, 1973.
    > HAEDRICH Marcel, Seul avec tous, R. Laffont, Paris, 1973.
    > HAEDRICH Marcel, Les Jumeaux de Kissingen, R. Laffont, Paris, 1975.
    > HAEDRICH Marcel, Le Maréchal et la dactylo, R. Laffont, Paris, 1977.
    > HAEDRICH Marcel, Romans alsaciens : nouvelles, Éditions de la Nuée bleue, Strasbourg, 1978.
    > HAEDRICH Marcel, Une Enfance alsacienne ou le mal de Dieu, P. Belfond, Paris, 1978.
    > HAEDRICH Marcel, Adélaïde de Kergoust, P. Belfond, Paris, 1980.
    > HAEDRICH Marcel, La Bande à Jésus ou Comment un homme devient Dieu : après 20 siècles de légendes, une vérité aussi forte, P.-M. Favre, Lausanne-Paris, 1982.
    > HAEDRICH Marcel, Dieu a déménagé, Ed. P.-M. Favre, Paris, 1985.
    > HAEDRICH Marcel, Coco Chanel, Belfond, Paris, 1987.
    > HAEDRICH Marcel, Le comte Bubu, Belfond, Paris, 1988.
    > HAEDRICH Marcel, La Vraie mort du Général, Le Verger, Illkirch, 1990.
    > HAEDRICH Marcel, Le chemin de Damas, R. Laffont, Paris, 1992.
    > HAEDRICH Marcel, Citizen Prouvost : le portrait incontournable d’un grand patron de la presse française, Filipacchi, Levallois-Perret, 1995.

    Articles
    > HAEDRICH Marcel, « Souvenirs d’un Fortgeloffener » dans Annuaire de la Société d’histoire du val et de la ville de Munster n°53, 1999, p. 13-19.
    > HAEDRICH Marcel, « Portrait d’un alsacien inconnu : mon père » dans Historia, 1983.

    Bibliographie
    > BÉNICHOU Pierre, « Adieu, Marcel Haedrich » dans Le Nouvel Observateur n°2019, semaine du 17 juillet 2003.
    > BITTENDIEBEL France, « Têtes d’affiches : les alsaciens célèbres de Paris » dans Vivre à Strasbourg n°17, 1985.
    > LESER Gérard, « Haedrich Marcel » dans le Nouveau Dictionnaire de Biographie alsacienne, 1984, p. 1363.
    > SCHIERER F., « Les deux côtés de Marcel Haedrich » dans Saisons d’Alsace n°66, 1978.
    > WALTER J.-Cl., HAEDRICH M., « Témoin de L’Entre-deux-dieux » dans Saisons d’Alsace n°30, 1969, p. 255-261.
    > « Biographies de personnalités d’origines alsaciennes et mosellanes », dans Horizons d’Alsace n°15, 1975, p. 12.
    > « Marcel Haedrich, écrivain et journaliste française » (article nécrologique) dans Le Monde, 18 juillet 2003.
    > Alsace du 17.6.1987 (avec portrait).
    > Alsace et Moselle n°48, 1959, p. 4-5.
    > Dictionnaire de la politique française, publié sous la direction de H. Coston, Paris, 1967, p. 524.
    > DNA du 11.12.1985.
    > NA du 1/2.2.1981.
    > NA du 30.110.1984.
    > Who’s who, 1963-1964, p. 1269.

    Films documentaires
    > GIR François, Un grand diable d’Alsacien, portrait de Marcel Haedrich en son pays, France 3 Alsace / Tournesol Productions, 2002, Cassette VHS (durée : 54’ 07’’).
    > Quand la vallée de Munster raconte, Marcel Haedrich, journaliste à Munster, UGA média (durée 105’).

    Alfred Kern

    Œuvres d’Alfred Kern
    Romans
    > KERN Alfred, Le Jardin perdu, Les Éditions de Minuit, Paris, 1950.
    > KERN Alfred, Les voleurs de cendres, Les Éditions de Minuit, Paris, 1951.
    > KERN Alfred, Le Mystère de sainte Dorothée, Gallimard, Paris, 1952.
    > KERN Alfred, Le Clown, Gallimard, Paris, 1957.
    > KERN Alfred, L’Amour profane, Gallimard, Paris, 1959.
    > KERN Alfred, Le Bonheur fragile, Gallimard, Paris, 1960.
    > KERN Alfred, La dernière nuit, Gallimard, Paris, 1963.
    > KERN Alfred, Le Viol, Gallimard, Paris, 1964.

    Poésie
    > KERN Alfred, Gel & feu, Arfuyen, Paris, Orbey, 1989.
    > KERN Alfred, Le point vif, Arfuyen, Paris, Orbey, 1991.
    > KERN Alfred, Le Carnet blanc, Arfuyen, Paris, Orbey, 2002.
    > KERN Alfred, La Lumière de la terre, Arfuyen, Paris, Orbey, 2007.

    Articles
    > KERN Alfred, « La dimension poétique d’un paysage : en mémoire d’Alfred KERN (1919-2001), poète, écrivain et romancier, amoureux des mots, des images et des paysages des Hautes-Vosges » dans Annuaire de la Société d’histoire du val et de la ville de Munster n°55, 2001, p. 11-12.
    > KERN Alfred, « L’écrivain n’est pas Dieu » dans Saisons d’Alsace n°134, 1996, p.129-134.
    > KERN Alfred, « L’Europe des frontières » dans Revue sociale de la France de l’Est n°17, 1989-1990, p.156-161.
    > KERN Alfred, « Un amour ne peut en détruire un autre » dans Saisons d’Alsace n°128, 1995, p.233-236.
    > KERN Alfred (avec d’autres auteurs), L’Alsace-Nord, Éd. « Autrement », Paris, 1988.

    Le plasticien, expositions
    > Espaces, Strasbourg, 1978.
    > L’Eclat et la Transparence, Bischenberg, Obernai, 1984.
    > La Lumière des Textes, Sélestat et Strasbourg, 1985.
    > L’écrivain, artisan du langage, Bibliothèque humaniste de Sélestat, 1984 puis Centre G. Pompidou à Paris, 1987.
    > Le jardin des Délices, Colmar, 1987.
    > Le Martyr de Saint-Sébastien Strasbourg, 1991.

    Films avec FR3 Alsace
    > L’heure alsacienne
    > L’éclat et la transparence
    > Le regard et l’écriture.

    Bibliographie
    > JURTH Bernard, « Alfred KERN : une vie entière pour accrocher la lumière » dans Revue alsacienne de littérature n°78, 2002, p. 70-71.
    > KECHICHIAN Patrick, « Alfred Kern : un romancier à l’inspiration tragique » dans Le Monde, 18 septembre 2001, p.35. Kniffke Frédéric, « Hommage à M. Alfred Kern, 1919-2001 », dans Annales de l’Académie d’Alsace n°68, 2002, p.154-155.
    > KRETZ Pierre, Ruff Astrid, « Le monologue intérieur d’Alfred Kern » dans Saisons d’Alsace n°1, 1998, p.100-102.
    > ROEDERER Christiane, « KERN Alfred » dans le Nouveau Dictionnaire de Biographie alsacienne, p. 1933.
    > WALTHER Jean-Claude, « Les poèmes d’Alfred Kern » dans Revue alsacienne de littérature n°30, 1990, p. 61-62.
    > « Alfred KERN Grand Bretzel d’or 1982 » dans Saisons d’Alsace n° 107, 1990, p. 127-136.
    > NA des 7 juin 1984 et 8 février 1985.
    > DNA du 19 octobre 1985.
    > Vivre à Strasbourg n°19, novembre 1985.
    > Le Monde (article nécrologique), 18 septembre 2001.

    Archives INA (Institut National de l’Audiovisuel)
    > « Pierre Desgraupes reçoit les prix Goncourt et Renaudot de l’année », Vintilia HORIA et Alfred KERN, ORTF 23/11/1960, 15’17’’.

  • Hommage à Frédéric Kirschleger (1804-1869)

    Exposition « Hommage à Frédéric Kirschleger » (2010)

    Frédéric Kirschleger (1804-1869)

     

    Frédéric Kirschleger est un célèbre botaniste et médecin munstérien (1804-1869). Son oncle Charles Bartholdi, pharmacien à Munster, lui donne ses premières notions d’histoire naturelle. En 1823, il s’inscrit à la Faculté de médecine de Strasbourg puis rapidement seconde Chrétien Nestler (1778-1832), le professeur de botanique de la Faculté à la pharmacie de l’Hôpital civil. Après sa thèse de médecine, il s’installe ensuite comme médecin à Munster en 1829. Son goût pour la botanique l’amène à quitter Munster pour se fixer définitivement à Strasbourg en 1834. Il y est nommé professeur de botanique médicale en 1835. Agrégé en 1845, il est reçu docteur ès sciences l’année suivante. De 1852 à 1862, il publie l’œuvre capitale de sa vie : Flore d’Alsace et des contrées limitrophes en 3 volumes. En 1862, il fonde la Société philomathique vogésorhénane qui se transforme en Association philomathique d’Alsace et de Lorraine en 1893. Il est l’un des créateur de l’éphémère Société Alsato-Vosgienne 1868, précurseur du Club vosgien. Il meurt à Strasbourg le 15 novembre 1869 et est inhumé au cimetière Sainte-Hélène de Strasbourg. Un monument à sa mémoire a été érigé dans sa ville natale de Munster (parc Hartmann) et le lycée de la ville porte son nom. À Strasbourg, un buste en marbre se trouve à l’entrée de l’Institut de Botanique de l’Université et une rue porte son nom dans le quartier de l’Hôpital civil.

    Sources & Bibliographie

    > Archives communales de Munster (cote MI 199 C 1-138)
    > Annuaire de la Société d’Histoire du Val et de la Ville de Munster, 1969.
    > Rénovation du Parc André Hartmann, étude de faisabilité, juillet 2006.
    > « Le monument Kirschleger », in ASHVVM, 1970-1971, pp. 62-78.

  • Témoignages 1914-18

    Wenn’s Ménschtertàl verzählt (La Vallée de Munster raconte)

    « Il y a une vingtaine d’années, l’occasion m’a été donnée de pouvoir enregistrer des « anciens » qui avaient vécu enfants la Première Guerre mondiale. La moyenne d’âge tournait autour de 80 ans minimum, certains d’entre eux avaient 90 ans.
    Ces témoignages exceptionnels concernent diverses communes de la vallée. Ce sont des récits émouvants car ils disent comment se vit la guerre au quotidien avec ses peurs, ses ruptures, ses souffrances et la proximité constante de la mort.
    L’année 1915 était une année de feu, de sang, de cendres et de larmes. Les habitants de Munster ont dû évacuer la ville de Munster fin août (elle sera détruite à 85 %). Les communes situées derrière Munster, dans la grande et petite vallée, ont été détruites et vidées de leurs habitants, à l’exception de Mittlach investie au mois d’avril par l’armée française.
    Trois grandes batailles se sont déroulées dans la vallée entre février et octobre 1915, faisant entre 30 000 et 40 000 morts parmi les belligérants. »

    Gérard LESER

    Propos recueillis par Gérard LESER en 1993.