Histoire & Patrimoine/Musée virtuel/Robi (1897-1955) et Emile Wetzel (1895-1970)

Robi (1897-1955) et Emile Wetzel (1895-1970)

Biographies

Robi Wetzel (1897-1955)

Henri Robert Wetzel dit « Robi » Wetzel, est né le 23 février 1897 à Munster. Fils d’Emile Wetzel, boucher-charcutier et hôtelier « Aux Armes de Munster », Grand’Rue, et d’Emilie Obrecht. Il a un frère aîné Emile né en 1895.

Atteint dès son jeune âge d’une claudication, l’enfant s’amuse seul et produit déjà de précoces dessins.
Le jeune Robi fait des études secondaires au collège de Munster, avant de rejoindre l’école des Arts Appliqués de Strasbourg en 1911, où il étudie l’orfèvrerie. Il reprend ses études interrompues par la guerre en 1918.
Dès 1916-1917, il réalise de minutieux travaux de calligraphie, dont  plusieurs ex-libris (gravures) et se consacre avec passion à la peinture et au dessin.
Dans les années 1920, tout en mettant son talent de pianiste au service des hôtes de l’hôtel familial,  Robi réalise dans l’établissement de ses parents un premier travail de décoration, sous la forme d’une frise qu’il peint sur les murs de la pièce principale : une farandole de jeunes gens de la région, des marcaires et des « Talwiewale ». Il créé aussi avec son ami Hans Matter, la WETMA, dénomination comprenant les initiales patronymiques des 2 associés. Ensemble ils illustrent la revue « Min Menschtertal » et décorent des boîtes, dont celles produites par les ateliers de menuiserie Helly, dites « Spanlâde » destinées à la commercialisation et à la promotion du fromage de Munster.
Pendant toutes ces années, Robi peint de nombreuses aquarelles des sites pittoresques de la vallée et de ses environs, des habitants en costumes régionaux et de leurs coutumes. Il expose ses peintures dans la vitrine de la librairie Bleicher de Munster et ses « souvenirs de Munster » lors de l’exposition artisanale de 1925.
Hans Matter malade ne peut plus continuer son activité à la WETMA. Robi décide alors d’aller tenter sa chance à Paris et quitte Munster en compagnie de son frère Emile. Tandis qu’Emile part ensuite pour l’Amérique du Sud, Robi tient bon et crée son atelier d’« artiste-peintre », boulevard Rochechouart.
Il séjourne régulièrement à Munster, mais s’installe définitivement à Paris en 1925, où il fait la connaissance de Marie Léonie Simone Crézels qu’il épouse le 24 septembre 1932, à Toulouse.
À Paris, Robi a une clientèle satisfaisante. Il réalise des ensembles décoratifs pour la communauté alsacienne qui possède des restaurants dans la capitale : « Aux Armes de Colmar », situé près de la gare de l’Est, « Au Mont Sainte-Odile », au Grillroom du Petit Pavillon, situé boulevard Bonne Nouvelle ou encore « Chez Jenny ». Dans ces établissements, Robi peint des frises murales où l’on retrouve des sujets folkloriques, des beaux sites alsaciens et vosgiens et des silhouettes du terroir.
Dans la capitale, l’éventail des thèmes picturaux du peintre s’élargit considérablement. L’artiste s’épanouit et peint des natures mortes, des portraits, des vues de Paris et de la région parisienne. Il découvre les tendances de la peinture contemporaine, ses œuvres sont alors marquées par la diversité des techniques et traitées tantôt de façon classique, tantôt à la manière des impressionnistes ou des cubistes. Quelques compositions évoluent même vers l’abstraction. Robi expose à Paris au salon des indépendants et au salon d’Hiver.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, dans la Capitale occupée, Robi qui a toujours eu pour violon d’Ingres la petite mécanique, se réfugie dans une activité qui va prendre une importance inattendue dans son œuvre : la fabrication de jouets mécaniques. Profitant de ses connaissances en orfèvrerie, il créé avec des matériaux de fortune des pièces uniques. Ses réalisations, comme l’oie électrique qui « se dandine, dodeline du chef, bat des ailes » et émet des sons ou sa « machinerie » présentant 4 siècles de l’Histoire de France, haute de 3 mètres ou encore les acrobates qui voltigent et l’écuyère qui traverse des cerceaux font l’objet d’articles de presse élogieux. On y reconnaît sa grande ingéniosité. Robi expose ses chefs d’œuvre au salon de l’Imagerie du pavillon de Marsan situé dans l’enceinte du Louvres. Ils lui valent un premier prix.
Après la guerre, Robi reprend avec ardeur son activité de peintre et se rend fréquemment à Colmar pour exposer à la galerie Huffel (actuel Crédit Mutuel Bartholdy, rue des Prêtres).
Lors de l’été 1953, répondant aux sollicitations de ses amis munstériens, il accepte d’exposer dans ce qui fut l’hôtel familial « Aux Armes de Munster», désormais exploité par André Ory. Pour les besoins de l’exposition Robi peint en quelques semaines une centaine de gouaches et aquarelles représentant des sujets folkloriques et des paysans et paysannes de la Vallée. Voulant sans doute montrer à ses concitoyens l’étendue de son activité picturale, il ajoute des études de paysage traitées selon les conceptions impressionnistes et cubistes et quelques compositions abstraites.
L’exposition de Munster n’est qu’un prélude à la grande exposition qui a lieu en 1954 à la galerie Huffel à Colmar. Cette exposition surprend les visiteurs autant par la diversité des sujets que par celles des techniques. Les toiles présentées montrent que tout en subissant l’influence des tendances de la peinture contemporaine à Paris, Robi toujours en recherche, ne s’est jamais réellement engagé dans une voie.
La vie ne lui laissera pas le loisir de poursuivre son œuvre, l’artiste s’éteint soudainement à Paris, à l’âge de 58 ans, le 28 mars 1955. Il repose au cimetière de Munster avec sa femme et ses parents.

Emile Wetzel (1895-1970)

Martin Émile Wetzel, frère aîné de 2 ans, de Robi, naquit à Munster le 27 juin 1895.

L’aîné des Wetzel fait des études générales, devient bachelier puis obtient une licence de droit à la faculté de Strasbourg.
Le jeune homme, connaît la douloureuse expérience de la Première Guerre mondiale: en 1915, il a 20 ans, quand il est mobilisé et envoyé sur le front russe, mais la guerre n’altérera pas sa soif d’entreprendre.
De retour, dans sa vallée de Munster meurtrie par la guerre, Émile Wetzel créé en 1919 un organe de presse : une revue majoritairement rédigée en dialecte munstérien : Min Menschtertal, dont le but est de redonner optimisme et espoir à ses compatriotes. Cette revue illustrée par les dessins de son frère Robi et de Hans Matter ne connaîtra cependant que trois nos datés de 1919.
Après un début de carrière à la banque du Rhin, précédant Robi, Émile décide, en 1924, de s’installer à Paris, il a alors 29 ans. Le 17 février de la même année, il épouse à la mairie du 3ème arrondissement Anne Marie Catherine Schultz, qui mourra en couches avec leur enfant. Il se remariera le 6 septembre 1928, avec Yvonne Marthe Brochère, mais l’union se terminera par un divorce.
L’homme, qui se définit lui-même comme « un touche à tout », se lance à Paris, dans le journalisme, sa passion de jeunesse, dans la branche touristique. Il exercera pendant 6 ans aux côtés du premier « ministre » français du tourisme Gaston Gérard.
Émile Wetzel trouve son épanouissement dans la capitale, où il fréquente les groupements d’Alsaciens. Une idée lui est chère depuis longtemps: réunir les éléments alsaciens disséminés dans Paris et créer un organisme d’informations touristiques, économiques, intellectuelles et sociales, ainsi qu’un centre d’accueil destinés plus particulièrement aux jeunes, qu’ils voient affluer en grand nombre et qui, à cause du problème de la langue, notamment, connaissent à Paris les pires difficultés . C’est lors d’un banquet, le 11 novembre 1932, alors qu’il voisine avec le dessinateur Zislin, que son idée va prendre forme. Tous les deux décident de créer la Maison d’Alsace à Paris.
Pour cela, ils constituent d’abord, en 1933, la Société des Alsaciens de Paris, dont Zislin devient le président, tandis qu’Émile Wetzel devient rédacteur et administrateur du journal de la société intitulé « Notre Pays » ; enfin, en octobre 1934 ils fondent la Maison d’Alsace. D’abord hébergée par Istra, rue Richelieu, la Maison d’Alsace, s’installe, le 15 novembre 1934, dans des locaux plus spacieux, au 115 boulevard Sébastopol.   
L’organisme va peu à peu devenir indispensable, non seulement aux Alsaciens de Paris, mais également au grand public, qui ont pris l’habitude de le consulter sur toutes les questions commerciales ou industrielles, et principalement sur le Tourisme et l’Hôtellerie. Un nombre considérable de personnes et groupements vont avoir recours à ses bons offices, pour l’organisation de leur séjour à Paris.
Dans les années précédant la Deuxième Guerre mondiale, Émile Wetzel consacre toute son énergie au développement de la Maison d’Alsace, mais brasse aussi des affaires, il devient copropriétaire du prospère restaurant « Chez Jenny ».
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, les activités parisiennes d’Émile Wetzel ne sont pas connues. On sait toutefois que la Maison d’Alsace cesse de fonctionner, pour ne renaître qu’en 1968. Cette « nouvelle » Maison d’Alsace s’installera au 39 avenue des Champs-Élysées, devenant alors centre d’affaires et maison régionale pour la promotion de l’Alsace à Paris.
Après la guerre, Émile Wetzel, prend un nouveau départ, il ouvre à Santeuil un hôtel-restaurant : « l’auberge du colombier », situé à 50 km de la capitale, l’établissement cossu où l’on fait bonne chère est réputé et fréquenté par le Tout Paris.
Malgré une réussite sociale incontestable, sans qu’on en connaisse la cause, Émile Wetzel décide de s’expatrier. Il part, en 1951, s’installer en Argentine, à Cordoba. cette année là il se remarie avec Hélène Germaine Rieth qui lui donnera 4 enfants.
L’homme toujours dynamique ouvre une pension de famille et reprend des engagements associatifs. Il fonde notamment l’ « Union des Français à l’étranger », pour la ville de Cordoba qu’il présidera pendant 16 ans.
Émile Wetzel est installé depuis 18 ans à Cordoba, quand il décède le 1er mai 1970, « La Voz de Cordoba », organe de presse locale fait l’éloge de l’homme instruit, d’une vaste culture et d’une fine spiritualité, aux réalisations nombreuses et remarquables aussi bien en Europe que dans sa Patrie d’adoption.
Il repose au cimetière San Jeronimo, dans le Panthéon de la société française de Cordoba, où le rejoindra son épouse décédée le 28 janvier 2002.

Oeuvres

Galerie Robi Wetzel

Robi Wetzel (14 - 26 juin 2011)

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Brochure

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Panneaux explicatifs

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Photos de l'exposition

Expositions Robi & Emile Wetzel (18 juin - 1er juillet 2012)

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Panneaux explicatifs

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Min Menschtertal 1

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Min Menschtertal 2

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Min Menschtertal 3

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Photos de l'exposition

Sources & Bibliographie

Sources
> SCHMITT Robert, Allocution « Exposition rétrospective des œuvres de l’artiste-peintre Robi Wetzel (1897-1955) », cérémonie inaugurale du 11 juillet 1970.
> SCHMITT Robert, Allocution prononcée par le Maire de Munster à l’occasion de l’inauguration de la rue Robi Wetzel, 13 juillet 1964.
> Fiches familiales et domiciliaires de la famille Wetzel, déclarations de professions.
> Fiches familiales et domiciliaires des familles Greney, Erichson, Wahler, Matter, Leonhart.
> Etat Civil de Munster pour le patronyme « Leonhart ».
 
Bibliographie
> BAUER A. et CARPENTIER J., « Wetzel Henri, Robert dit Robi », in Répertoire des Artistes d’Alsace des dix-neuvième et vingtième siècles : Peintres-Sculpteurs-Graveurs-Dessinateurs, Oberlin, 1991.
> EGELE Liliane, « Emile Wetzel, Munstérien du bout du monde », in ASHVVM, t. 65, 2011, pp. 127-140.
> KUBLER Louis, « Robi Wetzel », in ASHVVM, t. 18, 1963, pp. 103-109.
> La Vie en Alsace, périodique, imprimerie des Dernières Nouvelles de Strasbourg, 17-19 rue de la Nuée-Bleue n°5, mai 1939.
> LESER Gérard, Hans Matter, dessinateur et poète de la Vallée de Munster, Jérôme Do Bentzinger Editeur, 1997.
> LOTZ François, « Wetzel Robi », in Artistes peintres alsaciens de jadis et de naguère (1880-1982), Editions Printek, Kaysersberg, 1987, p. 356.
> Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne.
> Revue « Min Menschtertal : revue du val St-Grégoire », 3 numéros de 1919.
> SCHMITT Robert, « Hommage à un artiste du terroir », in Bulletin municipal de Munster II, 1965.
> SCHMITT Robert, « Visages et silhouettes de la Vallée de Munster. Peintres, dessinateurs, paysagistes », in ASHVVM, t. 32, 1978, p. 38.
> WACKENHEIM Auguste, La littérature dialectale alsacienne : une anthologie illustrée, T. 3 La période allemande (1870-1918),  Prat  Editions, Paris, 1997.

Coupures de presse (ordre chronologique)
> BONNAT Yves, « La matière première manque », s. n., 1943.
> C P., « La machinerie de M. Robi Wetzel au Pavillon de Marsan », in L’œuvre, 16 juin 1944.
> « Exposition Robi Wetzel à Munster - Aux Armes de Munster », Nouveau Rhin Français, août 1953.
> « Robi Wetzel stellt in seiner Heimatstadt Münster aus », Nouveau Rhin Français, 23-24 août 1953.
> « Robi Wetzels Austellung in Munster », 28 août 1953.
> « Der Maler aus dem Gregoriental, Robi Wetzel », in Chez soi, 30 août 1954.
> « Robi Wetzel, der Maler aus dem Münstertal, gestorben », Dernières Nouvelles d‘Alsace, 30 mars 1955.
> « Rétrospective Robi Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 18 septembre 1956.
> « A propos de l’exposition Robi », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 22 septembre 1956.
> DELANGE J., « Robert Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 23 septembre 1956.
> « La journée « Robi » marquée par d’émouvantes cérémonies », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 23 septembre 1956.
> « Émouvante manifestation du Souvenir pour l’inauguration de la rue Robi Wetzel, à Munster », in l’Alsace, 16 juillet 1964.
> « L’inauguration de la rue Robi Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 16 juillet 1964.
> « L’exposition de Robi Wetzel », in Dernières Nouvelles d’Alsace, 14 juillet 1970.